d'Ed Harris. USA/2008.

C'est paradoxalement au moment de la sortie d'un western que la petite rengaine sur la mort du genre revient presque systématiquement. Il est vrai qu'aujourd'hui le western a presque disparu, ces codes et figures dilués et totalement assimilés par le cinéma d'action contemporain. Impitoyable fut perçu a l'époque comme la pierre tombale d'un genre qui avait vécu ces derniers grands moments vers le milieu des 70's, pourtant le cowboy poussiéreux parcourant les vastes étendues de l'ouest sauvage semble nettement plus teigneux et pugnace que les mauvaises augures avaient pu le prévoir. On est évidemment loin de l'âge d'or du genre ou Hollywood balançait des centaines de westerns sur les écrans pourtant, après les différentes tentatives de rajeunir le genre pendant les 80's et 90's (Young Guns 1 & 2 entre autres), différents réalisateurs sont venue rappeler que le stetson, le colt et les grands espace étaient autant l'affaire d'hommes que les profonds symboles d'une Amérique qui avait réinventé son histoire sous le prisme d'un cinéma aux accents quasi mythologique, donc une page de l'histoire des USA que l'on efface pas comme ça. Appaloosa arrive donc après le sympathique 3H10 pour Yuma de James Mangold, la réactualisation d'un excellent film de Delmer Daves avec lequel le film d'Harris partage de ne pas se situer dans le sillage crépusculaire tracé par Impitoyable ou Mort ou Vif de Sam Raimi. Mais si le film de Mangold est un melting entre les thèmes classiques du genre et des scènes d'action qui doivent beaucoup aux actionneur moderne, Appaloosa semble lui revenir a un schéma classique, plus préoccupé par ces personnages que par ces scènes d'action.

De prime abord, ce qui étonne c'est la dimension humoristique du film. Virgil Cole et Everett Hitch sont deux shérifs itinérants payés par les contribuables d'une petite ville afin de les protéger des hommes de mains de Randall Bragg, un dangereux bandit. Ce qui distingue en fait Appaloosa de ces prédécesseurs c'est bien cet humour décalé, principalement lié au duo Harris/Mortensen interprétant de solides hommes de loi mais totalement a la cave (surtout Harris en fait) dans leurs relation avec leurs prochain, surtout quand il s'agit de femmes, tout particulièrement le personnage incarné par Zellweger, une cruche un brin nymphomane sautant sur a peut près tout ce qui bouge dont Cole (Harris donc) est assez épris pour se marier avec. Harris semble plus intéressé par les conflit entres les personnages que de les voir s'affronter, le réalisateur prend plaisir a casser/retarder/dévier les scènes attendus pour étendre la connaissance des personnages par le spectateur. Par son aspect mi iconoclaste mi traditionnel et sa peinture vraisemblable de l'ouest américain Appaloosa se rapproche finalement de films comme Juge et Hors la loi de John Huston ou Un Homme nommé Cable Hogue de Sam Peckimpah dont il partage le regard distancié en même temps qu'amusé sur le genre et un goût prononcé pour les personnages truculents. Les deux points forts du film sont clairement son interprétation, les acteurs sont toutes et tous vraiment impeccables avec mention spécial pour un Viggo Mortensen monstrueusement charismatique, et une écriture intelligente qui compense une réalisation certes appliqué, parfois même très belle, souvent tenté par un retour a un certain classicisme mais n'arrive pas a esquiver de part son statisme de petits problèmes de rythme, surtout dans sa dernière partie, qui plombe un film globalement excellent. On peut également regretter une fin vraiment bâclé mais qui a néanmoins le mérite de vouloir se plonger dans les prochaines aventures de nos deux cow boys badass puisqu' Ed Harris a récemment déclaré qu'Appaloosa auraient probablement des suites. Vivement demain !

PS: je suis désolé du manque de mise a jour mais je suis actuellement en train de galerer sur le dossier Dracula et la Hammer et dans le même temps de transferrer tout mes articles sur une autre plateforme. Donc l'Enfer aura sous peu une autre adresse