Science Fiction

WALL-E ...In the Sky with Diamonds !  (Science Fiction) posté le dimanche 03 août 2008 22:09

d'Andrew Stanton. USA/2008.

 

Si vous n'avez pas encore vu WALL-E allez y c'est que du bonheur ! Sinon vous pouvez toujours perdre un peu de votre temps a lire cet article...

La presse c'est empressé de voir dans le dernier Pixar un film a forte connotation écologique, mettant en avant la prouesse technologique et le fait qu'une bonne partie de WALL-E réussissait le prodige d'être "muet", un peu comme si c'était la première fois dans l'histoire qu'un film réussissait a exprimer quelques chose en se passant du langage "parlé". Je ne reviendrais pas sur ce dernier point (voir cet excellent article qui vous expliquera mieux que je ne saurais le faire la stupidité d'une telle affirmation et les rapports étroits qu'entretient WALL-E et le cinéma muet) et je pourrai presque comprendre le premier, mais avant de d'attaquer vraiment j'aimerai d'abord exprimer ce qui me semble être le plus important dans WALL-E. A savoir que le dernier né de chez Pixar est une merveille de drôlerie, d'humanisme, de rythme, de fluidité, nanti d'un design de ouf et se passant effectivement le plus souvent du langage afin d'expliciter des sentiments primordiaux. Ce faisant Andrew Stanton signe une superbe déclaration d'amour au cinéma dans ce qu'il a de plus beau, a travers son langage et débarrassé de l'obligation de faire parler ces héros (qui d'ailleurs n'en ont pas besoin) WALL-E se présente comme un exemplaire manifeste de cinéma pur, sublimant a chaque instant le médium a travers l'utilisation virtuose de son langage visuel (un langage en remplace un autre).

WALL-E est l'unique robot survivant d'une opération massive de nettoyage d'une Terre dévasté par la pollution pendant que les humains ont fuient en se réfugiant dans l'Espace. En 700 ans d'existence WALL-E s'est constitué une personnalité propre et un musée dans lequel il entrepose les "reliques" de l'ancien temps retrouvés sous les gigantesques tas d'immondices qui constituent son univers. C'est dans cette première partie que l'on peu comprendre pourquoi certains y ont vu un film a "message", réflexe tout a fait compréhensible sachant que la Terre de WALL-E est une extrapolation catastrophiste de ce qui pourrait advenir de notre planète. Honnêtement j'avoue ne pas avoir vu les choses de la même façon, tel quel et en suivant le même raisonnement on pourrait dire que Ratatouille est un vibrant plaidoyer en faveur de la vrais cuisine française ou faire des Indestructibles une œuvre militante en faveur de la protections des super héros. Raisonnement facile qui évite de se pencher sur ce que je considère comme étant les vrais enjeux du film (et qui trouvent justement une curieuse résonance dans la réception du film dans les médias). WALL-E en collectant des objets n'a pas fait que se constituer un musée mais a exhumé une part de ce que l'humanité a échanger (ou perdus) contre les mirages de la surconsommation et de la technologie. Quand WALL-E débarque dans le vaisseau abritant ce qui reste de l'humanité, lui et Eve ont inconsciemment emportés avec eux quelques artefacts qui, de manière involontaire et comique, rappelleront a l'homme ce qu'il est, d’où il vient et surtout ce qu'il a oublié et perdu: les sentiments, l'effort et le travail et surtout sa capacité a s'émerveiller, a la naïveté la plus sincère. Ces artefact sont un briquet (le feu), de la terre et la petite plante (l'air et l'eau), soit les composantes symboliques primordiaux essentiel de la vie.

Des indices sont laissés au spectateur lui laissant le soin de reconstituer la chaîne d'événements qui ont présidé a la catastrophe. En filigrane, ce que condamne Stanton c'est bien l'extraordinaire capacité de l'homme a se laisser aller a la plus extrême des facilités, s'abandonnant aux artifices de la technologie en entraînant des conséquences dramatiques. Ce n'est donc pas seulement un "message" que film véhicule mais bien un profond questionnement sur la nature de l'homme et surtout de son devenir, si celui-ci décide de poursuivre sur cette voie tracé par le refus de regarder les choses en faces et de mesurer les conséquences de son mode de vie purement hédoniste. Il est remarquable de constater que l'homme, dans un pur réflexe de déni, continue de perpétuer les même erreurs mais cette fois dans l'espace. Les premières images de WALL-E sont de superbes plans détaillants les paysages cosmiques, images poétiques ou ne manque que le Surfeur d'Argent traversant gracieusement… houlà mais je commence a m'égarer là ! Puis nous découvrons en même temps que WALL-E l'univers des hommes, une incroyable concentration de ce qu'est la société de consommation dans ce qu'elle a de plus agressive et de plus addictive, un cauchemar au couleurs flashy en forme de paradis qui a fait oublié a l'homme la plus petite notion de besoin. Le revers de ce "perfect world" se trouve dans ces bas fond, là ou sont rejetés tous les déchets. Ce sont alors les même images qui apparaissent, des monticules d'ordures a perte de vu, identiques a ceux qui recouvrent la Terre. Et tout comme sur Terre des agents mécanisés sont chargés de débarrasser l'encombrante masse de détritus en les rejetant a l'extérieur, polluant ainsi les vastes étendu spatiales.

Comme tout bon film de Science Fiction WALL-E paye sa dette a un glorieux aîné, ici le chef d'œuvre de Stanley Kubrick 2001 l'Odyssée de l'Espace. Loin de n'être qu'un simple clin d'œil fait aux cinéphiles le film de Kubrick voit quelques une de ces scènes et personnages réinterprétés (Hal 9000, le sauvetage de Franck Pool ou le regard des singes en direction des étoiles) mais ce qui est épatant c'est de voir a quel point certains thèmes sont communs aux deux films et surtout a quel point la référence et sa variation sert le récit. A la fin de 2001 Kubrick insinuait que l'homme devait se débarrasser de la technologie pour accéder a un stade supérieur de son évolution, dans WALL-E Stanton nous dit que c'est en se débarrassant d'une technologie devenu quasi tyrannique (qui n'est finalement que le reflet du renoncement de l'homme face aux problèmes) que l'humain peut se réinventer en redécouvrant les choses non pas simples mais élémentaires, bref de redevenir... des hommes tout simplement. Mine de rien le discourt sous tendu est assez hardcore puisqu'il suggére que l'homme, avant de se relever devra d'abord toucher le fond. Une dernière chose sur le générique de fin. Mis a part le fait que celui-ci met a littéralement genoux pour sa renversante beauté, il est également fascinant de voir que ce moment décrit la réappropriation par l'homme de son identité a travers différentes manifestations de style pictural. Se faisant Stanton inscrit les arts comme faisant partie de l'évolution de l'humanité dans ce qu'elle a de meilleur et il n'est sans doute pas innocent de voir que WALL-E puis Eve et enfin les humains vont découvrir ou redécouvrir les sentiments… grâce a un film (et la on n'en revient a "Ce faisant le film d'Andrew Stanton est une superbe déclaration d'amour au cinéma dans ce qu'il a de plus beau").

Voila j'ai fini ma petite bafouille, comme tout le monde je me suis pris une grosse claque et je pense très sincèrement que WALL-E, sous couvert du statut de film familiale "intelligent" a tendance écolo vendu par ces grosses feignasses de média, est sans doute un des films de SF les plus complexes et intelligent qui soit, parce que bien évidemment je n'ai fait qu'effleurer la surface et que les quelques réf Mythologiques (Sisyphe) ne sont sans doute pas un hasard. Et tout ça grâce au croisement d'une boite de conserve et d'un radar fixe...

                         

Ah oui je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit mais ...Si vous n'avez pas encore vu WALL-E allez y c'est que du bonheur !

 

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L'incroyable Hulk  (Science Fiction) posté le dimanche 03 août 2008 15:39

The Incredible Hulk de Louis Leterrier. USA/2008.

La première chose qui surprend c'est que cette nouvelle adaptation n'est pas une relecture du comics crée par le duo Kirby/Lee mais une fusion de celui-ci et de la série TV, que tout les trentenaires qui lisent ces lignes sont censés connaître. Manifestement Marvel et Universal ont décidés de tirer un trait sur le film d'Ang Lee qui n'avait, et c'est un doux euphémisme, pas fait l'unanimité. Ang Lee avait accepté l'adaptation en pur néophyte, ne prenant jamais le personnage de haut et truffant son métrage de symboliques mythologiques et psychanalytiques, en plus d'essais visuels dont le but était de traduire littéralement les cases d'une planche de bd en film, bref de rendre "adulte" le genre. Le résultat est un métrage vraiment "autre", quasi expérimental dans lequel se succède le pire (le cabotinage de Nick Nolte en total free style, les caniches mutants) et le meilleurs (certaines scènes ou plans vraiment magnifiques). Les fans déjà malheureux n'encaissèrent pas du tout les libertés prises sur le titan vert et son look jugé trop "gentil". Il était évident qu'un reload du personnage allait entraîner de profonds changements, de faire quelques chose qui soit plus en phase avec la vision qu'a le grand publique (et les geeks) du personnage, d’où le rapprochement avec la série, aujourd'hui bien cheapos, dont l'énorme succès et le statut culte était au moins autant responsable de la popularité du personnage que le comics.

De son coté la Marvel sans doute dubitative devant les résultats artistiques extrêmement fluctuantes des adaptations des super héros de leurs catalogue et malgré le succès de la plupart de celles-ci, décida de les produire elle même. Le résultat de cette premières tentative fut Iron-Man, film sympathique mais bancale handicapé par des seconds rôles inexistants, une réalisation de facture télévisuel et des intentions de départ resté a l'état de lettres d'intention, le film de Jon Favreau devait surtout pour d'impeccables effets spéciaux et réussissait a décoller grâce a la présence de Robert Downey Jr qui illuminait le film de son ellegant jeu décontracté. Et bien Hulk c'est a peu près la même chose. Le film commence plutôt bien, on suit Bruce Banner planqué au cœur d'une impressionnante favela, tentant de refréner ces pulsions et de chercher une solution a sa malédiction. Bruce c'est Edward Norton comme d'hab' excellent et vraiment investi dans le rôle du type écrasé par le poids de son secret et se murant dans une profonde solitude pour se protéger lui comme les autres de la bête qui est en lui. Ça se gâte avec l'apparition du général Ross, incarné par un William Hurt en peine déroute depuis cette ignoble merde qu'est Mr. Brooks et par celle d'Emil Blonsky, le bad guys joué par le d'habitude excellent Tim Roth ici vaguement concerné par la chose et dont le jeu est parasité par des dialogues de chiottes. Puis on revient dans la favela pour une scène de poursuite entre Banner et Les hommes de Ross (qui met celle de Bourne Ultimatum a l'amende) pour se finir par la première et excellente apparition de l'incroyable Hulk. Brutal, salement badass et masqué par l'obscurité on est définitivement loin du sosie de David Douillet verdâtre, notre gentil géant a nous, présent dans le film d'Ang Lee.

Puis on quitte la favela et ça continue a se gâter avec l'apparition de Betty Ross, l'ex de Banner et joué par la chouquette Liv Tyler, jamais crédible et confondant ici un long métrage et une pub pour parfum. S'ensuis une suite d'ellipses improbables et de tentative de donner de la profondeur a des personnages qui échoue dans ces objectifs, rendant inexistant les différents rôles secondaires introduit tout au long du film, le barman Stanley (bonjour la réf) ou Mr Blue. Bref pour l'instant ce n'est pas le panard mais le petit plus de ce film c'est bien la présence de Louis Leterrier (eh oui) qui a fait de très gros progrès depuis Europa corps. Parfois élégante, sa réal devient hyper tendu au moment des scènes d'action mais toujours en prenant soins a ce que l'action soit toujours lisible, ce qui n'es pas évident en ces temps de parkinsonite aigue. Sans être des moments d'anthologie, il faut quand même avouer que ça claque quand même un peu sa race avec comme point d'orgue le combat entre Hulk et Blonsky devenu l'Abomination (design de merde) dans un final peut être pas assez généreux dans la destruction massive des décors, mais quand même bien vénère et de toute façon au dessus du combat qui terminait Iron-Man. Au milieu de toutes ces viriles manifestations de testostérones Leterrier se permet même un jolie petit aparté romantique du plus bel effet entre Hulk et Betty rappelant assez furieusement le King Kong de Jackson. Bref l'Incroyable Hulk qui aurait pu être un film majeur du genre n'est au final qu'un agréable divertissement qui se regarde aussi vite qu'il s'oublie mais cela ne l'empêche pas d'être vraiment sympa et un bon reload vers une franchise plus proche du comics, et peut être un pas en plus vers une adaptation des Vengeurs comme s'emble l'indiquer le cameo final de Tony Stark (Robert Downey Jr).

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