Une danse macabre pour Satan… A l'ombre des palmiers !  posté le samedi 02 août 2008 16:31

J'avais il y a quelques mois écrit un petit article annonçant la sortie chez Seven 7 de quatre classiques du ciné Bis italien des 60's. Au jour d'aujourd'hui seul La ruée des Vikings n'est encore pas sortie mais cela ne vas pas nous empêcher de faire un peu le point sur ces sorties discrètement événementiels.

On commence doucement avec Caltiki, le monstre immortel réalisé en 1959. Commencé par Ricardo Freda et fini par Mario Bava, Caltiki est une petite bande d'exploitation surfant sur les succès du Blob - Danger Interplanétaire d'Irwin Yeaworth (1958) et des géniaux Quatermass de Val Guest produit par la Hammer en 1955 et 1957 (Le Monstre & La Marque). Une équipe d'archéologue parcourant la jungle amazonienne découvrent a l'intérieur d'une pyramide une grotte contenant la statue d'une antique divinité maléfique Maya surplombant un petit étang. Une créature visqueuse sort de l'étendu d'eau et tue un des membres de l'expédition, qui réplique en faisant sauter la créature (a la dynamite hein pas sur leurs genoux). Mais un des membres de l'expédition est contaminé par un résidu de la vilaine bestiole et commence a montrer d'inquiétant signes de changements (le bonhomme devient jaloux et coléreux l'horreur quoi). Caltiki va bientôt ressusciter pour engloutir le monde… Malgré la présence de deux réals prestigieux on ne peut pas dire que Caltiki vole très haut. Le fait que l'intrigue soit bateau et les personnages insignifiants ne serait en soit pas un problème mais le film pêche par un rythme vraiment déficient, heureusement compenser par la courte durée du métrage qui vaut surtout pour sa facture visuel, que l'on doit une fois de plus a Bava qui dut assurer, en plus de la réalisation, le poste de chef opérateur, de concepteur d'effets spéciaux et d'ingénieur en systèmes B (Caltiki est en fait composé d'une tonne de barbaque bien saignante). C'est dans les quelques détails macabres qui parsèment le métrage, sa superbe photo et ces chouettes décors (surtout celui du temple souterrain) qu'une part de la personnalité de Bava transparaît sans que cela ne relève vraiment la sauce d'un film aux sympathiques accents Lovecraftien. Caltiki c'est malgré tout a voir mais plutôt a réserver a ceux qui recherche les films italiens de l'époque ou aux complétistes Bavaïen qui pourraient claquer de la tune pour un film vraiment moyen.

En signant Le Masque du Démon l'année d'après, Mario Bava allait faire d'une pierre trois coups. D'un donner au fantastique Italien son premier grand chef d'œuvre et récolter un succès publique et critique de part le monde, deux impulser toute une vague de film fantastique gothique en Italie rivalisant avec les films de la Hammer et trois faire d'une jeune actrice irlandaise inconnue la seule icône féminine du ciné fantastique a la mesure de ces équivalents masculins. Cette actrice c'est Barbara Steele et ça tombe bien puisque c'est justement la tête d'affiche des deux films suivants. Dans un Londres ténébreux Alan, un jeune journaliste rencontre Edgar Alan Poe accompagné d'un mystérieux personnage, Lord Blackwood. Alan est un jeune septique qui prend a témoin Poe que l'au delà n'est qu'une vague fumisterie, Blackwood prend le parie que le jeune homme ne pourra survivre une nuit dans la vieille demeure familiale des Blackwood, réputé maudite et dont personne n'est jamais revenu depuis l'évènement dramatique qui a fait fuir ces occupants. Alan prend le parie et part avec Poe et Blackwood qui le dépose au lieu dit. Alan va découvrir que même les tombes peuvent parfois abriter la vie. Danse Macabre, réalisé par Antonio Margheriti en 1964, est aujourd'hui considéré comme un des points forts de cette vague et ce n'est pas moi qui irait dire le contraire. Sans être aussi définitif que le chef d'œuvre de Bava cité plus haut, le film de Margheriti distille une atmosphère réellement envoûtante qui doit autant au macabre décorum du film qu'au charisme vénéneux de Barbara Steele. Danse Macabre n'est pas un film de trouille mais plutôt une sorte de trip atmosphérique ou, tout comme le héros, nous sommes baladés dans une série de décors poussiéreux recouverts de toiles d'araignées et noyés dans la pénombre. La vieille demeure devient, pendant la nuit des morts, un endroit ou passé et présent coexiste dans un même espace temps, ou les morts se lèvent pour se nourrir des vivants et ou l'amour d'outre tombe devient possible. La beauté toute particulière de Steele est magnifié par une belle photo N&B qui met en évidence ces traits singuliers et ces grands yeux noirs, faisant d'elle une sorte d'incarnation éthérée et fantasmatique de la beauté inaccessible et fatale. Les thèmes de la nécrophilie, du lesbianisme ou du sado-masochisme sont présent en filigrane et contribues a créer cette ambiance de romantisme noir soutenu par la réal hyper classe de Margheriti qui, s'il s'essaiera a quelques reprises aux charmes du fantastique goth (La vierge de Nuremberg ou l'excellent La Sorcière Sanglante avec B. Steele) ne réussira pas a faire mieux.

Et pour finir passons a Un Ange pour Satan réalisé en 1966 par Camillo Mastrocinque. Roberto est un sculpteur engagé par le conte Montebruno afin de restaurer une statue réputée maudite, retrouvée au hasard d'une sécheresse ayant fait baissé le niveau du lac bordant le village et liée a un drame s'étant déroulé dans un passé lointains. Au fur et a mesure de son travail, Roberto est fasciné par la beauté de cette statue et qu'elle n'est pas sa surprise a l'arrivée d'Harriet. La jeune femme est en effet la descendante et le sosie de Belinda, la femme qui servit de modèle au sculpteur qui façonnât jadis la statue. Roberto est immédiatement attiré par Harriet dont le comportement commence bientôt a changer. D'abord discrète, celle-ci va progressivement devenir une dangereuse tentatrice qui va semer le trouble puis la mort autour d'elle. Un Ange pour Satan est de prime abord différents des autres film goth italiens, ici pas de cimetières terreux ou de châteaux poussiéreux plongés dans la pénombre, ni même de "délocalisation" de l'action dans une Angleterre imaginaire ou un quelconque royaume slave factice. L'environnement de l'intrigue est assez réaliste, beaucoup de scènes se déroulent de jour et le fantastique ne s'invite que par de discrètes touches, Mastrocinque n'appuie que rarement sur les artifices du genre et préfère distiller une ambiance sulfureuse qui pourra se prêter, a l'instar de La Maison du Diable de Robert Wise, et aux grès des point de vus a de différentes interprétations. Si la plupart des réalisateurs ont compris comment utiliser le trouble charisme de Barbara Steele Un Ange pour Satan est très probablement un des films ou son potentiel érotique a été le plus mis en avant. D'abord plutôt réservée, elle devient rapidement une chienne de l'enfer qui emporte tout sur son passage, un ange du mal devant lequel aucun mâle ne résiste et qui provoque de véritables catastrophes. La scène la plus explicite est celle ou l'ont peut admirer l'actrice en train de se dévêtir devant un domestique simplet, l'obligeant a ne pas regarder et finalement le punir en lui fouettant le visage pour avoir oser jeter un oeil. Steele est incandescente de sadisme lorsqu'elle réussit a convaincre une jeune femme de quitter son fiancé pour ainsi pouvoir la "garder" a ces cotés ou arrive a persuader un homme de tuer toute sa famille. Accompagner d'une belle facture pictural et d'une réal intelligente Un Ange pour Satan est un film trop méconnu, masqué par l'ombre des glorieux classiques de Bava, Freda ou Margheriti et est a découvrir séance tenante.

Les dvd sortie chez seven 7 sont tout a fait recommandables. L'image est en général nickel, le son correct et les bonus assez sympa (une introduction de Gerard Lenne, spécialiste du genre et auteur de quelques livres sur le sujet) en plus de bénéficier de copie complètes.

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l'Enfer des Zombies  posté le mardi 22 juillet 2008 00:42

Gli Ultimi Zombi de Lucio Fulci. Italie/1979.

Avant d'obtenir une gloire tardive a la fin des années 70, Lucio Fulci fut d'abord un simple petit artisan, réalisateur de comédie a la réputation catastrophique dans lesquelles officiait Toto, un lamentable comique en vogue a cette époque. Fulci devra attendre 1966 pour réaliser son premier film important. Impulsé par l'énorme succès de Pour une poignée de Dollars, l'Italie est alors submergé par l'énorme vague de ce que l'on a appelé en France, avec cette "petite" pointe de condescendance si typique des charmantes élites de notre beau pays, le western spaghetti. C'est dans ce contexte que sort Le temps du Massacre avec Franco Nero, classique du genre et film culte pour sa violence sadique et son atmosphère d'étrangeté situé quelque part entre le Django de S. Corbucci et Tire encore si tu peux de G. Questi. C'est ensuite Béatrice Cenci tourné en 1969 qui va marquer la carrière de son réalisateur. Évocation d'un fait historique précédemment adapté par Ricardo Freda, Béatrice Cenci raconte l'effroyable histoire de l'assassinat perpétré contre un noble sadique et incestueux par sa fille et l'amant de celle ci, leurs arrestations puis leurs exécutions par les tribunaux de l'inquisition. Très éloigné de ces autres films, Béatrice Cenci était son préféré et sans doute le personnel de sa filmographie, le seul qui fasse preuve d'un réel romantisme tout en étant d'une grande cruauté dans la représentation de la violence, deux élément diffusant au final un profond désespoir ainsi qu'un nihilisme a toute épreuve, le même qui allait marquer ces futurs films d'horreur. Puis vinrent quelques Giallo de bonne facture (Le Venin de la Peur/Les Salopes vont en Enfer en 1971, La Longue Nuit de l'Exorcisme en 1972) avant de réaliser ce qui devint son plus gros succès commercial: Croc-blanc, une adaptation mielleuse du classique de Jack London (et qui est sans doute le film de Fulci le plus télédiffusé en France). Puis il revient au western avec Les Quatres de l'Apocalypse qui, comme son nom l'indique, n'est pas exactement une ode a la beauté et la joie de vivre. Le film est surtout marqué par l'interprétation de Tomas Milian dans le rôle d'un effrayant tueur psychopathe, également violeur occasionnel, inspiré par Charles Manson suivant le parcourt des quatre survivants d'un lynchage perpétré dans une petite ville. Même si Les Quatre de l'Apocalypse diffuse une atmosphère crépusculaire assez réussi et malgré un scénario plutôt sympa, on ne peut pas dire que le film soit une réussite tant celui-ci provoque l'ennui, faute a un rythme défaillant et une réal totalement bâclé.

Alors l'histoire c'est bien mais le gore bien déguelbif c'est bien aussi et là nous allons bientôt rentrer dans le vif du sujet ! Toujours porté par les succès commerciaux du moment Fulci accepte la proposition de l'opportuniste Fabrizio de Angelis (1) de profiter du buzz crée par le mythique Zombie de G. Romero. Dès le départ il est décidé de ne pas suivre son modèle involontaire et de partir dans une autre direction, sans doute afin d'éviter de préjudiciables poursuites judiciaires. Le scénario de Dardano Sacchetti se situe donc avant l'invasion des zombis et amorce un léger retour aux sources cinématographique du folklore (White Zombie, Vaudou ou l'Invasion des Morts Vivants) en faisant ressurgir toute une imagerie vaudou absente des relectures moderne du mythe par Romero. Dans un souci d'efficacité le film est appelé Zombi 2 (ou Gli Ultimi Zombi) en Italie, traduit aux USA par Island of the Flesh Eaters et chez nous par le tout aussi poétique l'Enfer des Zombies. L'histoire est assez bateau mais elle est surtout le véhicule de scènes gore d'anthologie qui ont grandement participé a la construction du culte entourant actuellement ce film et globalement Fulci. Pourtant si ces scènes essentiels sont le moteur du film, il est je pense inexact de dire que les qualités du métrage ne se situe qu'a ce niveau. La première scène voit l'arrivé d'un bateau a voile apparemment sans équipage dans le port de New York, deux flic monte a bord du bâtiment et l'un deux trouvera des restes humains avant de se faire tuer par un énorme monstre pourrissant, la créature est abattu par l'autre flic et tombe dans le fleuve. Étonnamment cette intro renvoie au Nosferatu de Murnau dans lequel une scène similaire voit l'entrée d'un navire sans équipage transportant le vampire dans le port de Wismar. Uniquement gouverné par la volonté maléfique de l'entité qu'elle transporte, ce bâtiment transporte la mort qui va bientôt se transformer en épidémie. Fulci opère de la même manière (a son niveau) en installant une ambiance diffuse de danger, annonciatrice de la catastrophe a venir. La suite s'éloigne de l'ambiance fantastique pour nous plonger dans une petite scène gore qui est elle-même une introduction aux excès supra-goreux qui vont jalonner l'Enfer des Zombies.

L'histoire se résume au voyage d'Anne la fille du propriétaire du bateau et de Peter, un journaliste en quête de scoop, sur l'île de Matoul d’où est parti le navire. Accompagné par Brian et Susan, un couple de touristes, nos héros vont découvrir un étrange dispensaire dans lequel le taux de mortalité atteint des records, dirigé par le Dr.Menard (Richard Jonhson en pleine déroute) un médecin aux pratiques étranges , celle de tirer cash une praline dans la tête de toute personne récemment décédé. Évidement l'épidémie va rapidement se propager et nos héros vont devoir se coltiner toute une horde de macchabées pourrissants salement affamés. l'Enfer des Zombies ne garde quasiment rien du film de Romero, on pourrai même dire qu'il en est l'exacte opposé. Tout le contenu social a bien sûr giclé ainsi que le rythme infernal imposé par le montage de Dario Argento (sur la version européenne) qui disparaît pour faire place a une mise en place un chouilla laborieuse. On ne peut pas dire non plus que l'identification aux protagonistes aide a l'immersion, le métrage n'étant traversé que de personnages inexistants: le journaliste macho au cynisme pépère (Ian "je paye mes impôts" McCulloch), le couple de touristes (ça sert a queud d'indiquer qui c'est mais eux aussi ont des traites) et puis l'héroïne incarné par Tisa Farrow, eh oui la frangine de Mia (2), qui raque comme tout le monde mais elle a de si beaux yeux! L'arrivé sur une île (pas celle recherché) est l'occasion d'une représentation carte postal de l'endroit, avec bande son calypso d'ascenseur, heureusement très courte qui s'achève par la rencontre avec le couple américain qui leurs propose de les emmener sur cette fameuse île de Matoul, évidement précédé d'une sinistre réputation. Jusque là l'Enfer des Zombies n'est qu'un rien d'autre qu'un produit d'exploitation assez bien gaulé mais totalement anodin enquillant convenances et clichés. Du Bis anecdotique le film passe a la vitesse supérieur avec la célèbre attaque sous marine d'un zombi tentant de se sustenter sur le dos d'un requin qui tentait de boulotter Susan, partie imprudemment piquer une tête (comme ont dit tel est pris qui croyait prendre!). Entre le grotesque du truc et la folie douce du concept la scène, limite nanardesque, échappe de peu au ringard par l'étrange poésie qu'elle diffuse, son coté totalement "autre".

Et là vous vous dîtes "Mais putain et les scènes gore y va en parler le gros con là merde ???". Et oui nous y arrivons !

Forcement a un moment du film, nos héros arrivent donc a destination pour se rendre compte qu'il se passe des choses bien étranges sur cette île de Matoul ! Malgré des acteurs mauvais comme une louche d'huile de foie de morue et un rythme bancale l'Enfer des Zombies prend enfin son envol et Fulci entre a ce moment dans le cercle des réalisateurs qui ont marqués le fantastiques, a coup de grosses éclaboussures gorasses bien dégueux mais également grâce a l'élaboration de cette atmosphère délétère, putride, annonciatrice de fin du monde entrevue pendant la première scène. Les vivants sont sous le poids d'une malédiction inéluctable (la mort) et vont tous crever, dévorés par les morts ils rejoindront a leur tour l'armée des ténèbres. Les zombis chez Fulci n'ont rien a voir avec les morts vivants de Romero qui ont eux conservés une trace d'humanité. Le plus souvent putréfiés, les zombis fulciens sont totalement inertes, avançant a pas lent, ne montrant aucun signe de rage ou de satisfaction leurs yeux ne reflètent que le néant, comme de simples marionnettes manipulé par de mystérieuses forces supérieurs. Si quelques scènes laissent entr'apercevoir les monstres, celle du massacre d'Olga Karlatos et la mise en évidence des cadavres ambulant est bien sûr resté dans les mémoires. D'abord agrippé par les cheveux, la jeune femme est énuclée en très gros plan sur les reste d'une porte avant d'être dévorée. Là aussi la différence avec Romero est flagrante puisqu'au lieu d'utiliser un montage rapide afin de renforcer la brutalité de l'action, Fulci laisse traîner sa caméra sur le répugnant spectacle, faisant profiter le spectateur du moindre détail. Nous avons également droit a une très belle scènes voyant des zombis sortir d'un cimetière de conquistadores, une autre concession a l'imagerie classique totalement absente chez le maître de Pittsburgh. La suite est une sarabande gore dans laquelle se succède arrachages de gorges et explosions de têtes au shotgun. A ce stade il serait injuste d'oublier l'équipe technique du film, autant responsable de sa réussite que Lucio Fulci lui-même. Tout d'abord il faut saluer le travail du chef opérateur Sergio Salvati, fidèle collaborateur du petit maître transalpin depuis Les Quatre de l'Apocalypse jusqu'a La Maison près du Cimetière et qui fut le principal responsable de la réussite esthétique des grandes heures du réalisateur, même sur une œuvre aussi bas du front que Le Chat Noir. Les effroyables maquillages de Giannetto de Rossi et Maurizio Trani pour leurs réalismes malgré leurs étonnante simplicités et la musique electronico/macabro/minimaliste de Fabio Frizzi est elle totalement culte et participe entièrement au cachet du film. Honnêtement l'Enfer des Zombies n'est pas le meilleur film de Fulci qui ne voyait a l'époque le film comme une simple commande lui permettant de lâcher quelques un de ces penchants et d'exposer sa vision nihiliste du monde. Son plus grand film d'horreur viendra avec l'Au delà en 1981… Mais ceci est une autre histoire.

l'Enfer des Zombies fit un carton a sa sortie mais dut subir les foudres de la censures dans de nombreux pays y compris, comme d'autres nombreux cas (Massacre a la Tronçonneuse, Zombie, Mad Max ou Frayeur), dans nos contrées alors sous la présidence de Giscard. Le film sortie dans une version expurgée de toutes ces scènes gore, le rendant ainsi totalement incompréhensible. Il fallut attendre la présidence de Mitterrand et l'action de Jacques Lang alors ministre de la culture pour que toute ces œuvres puissent sortir dans leurs versions intégrales.

(1) Homme de goût et producteur visionnaire, De Angelis l'est assurément …Enfin presque. Il continuera sa collaboration avec Lucio Fulci sur l'Au-delà, La Maison près du Cimetière, l'Eventreur de New York et l'exécrable La Malédiction du Pharaon. De Angelis a également fait le bonheur des bisseux et zédars du monde entier en produisant Zombie Holocaust, Black Emmanuelle autour du Monde, Les nouveaux Barbares, Les Guerriers du Bronx 1 & 2 ou les Killer Crocodile.

(2) Tisa n'eût pas exactement la même carrière que sa sœur. Elle l'arrête après avoir tourné dans un autre film d'horreur archi culte (pour ces deux uniques scènes gore) l'Anthropophagous de Joe d'Amato. 

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Cinq films de Nobuo Nakagawa  posté le vendredi 11 juillet 2008 00:31

Note sur Nabuo Nakagawa et sur le Kaidan Eiga.

Avant de devenir en occident une des grandes références du cinéma horrifique japonais, ce réalisateur né le 18 avril 1905 entame sa carrière a l'époque du muet et s'essaye a différent genres du cinéma de divertissements (comédie, jidai-geki, mélodrames). Pendant la seconde guerre mondial Nakagawa entre a la Chukaden'ei et y réalise des documentaires sur les bombardements et les combats aériens. Le conflit terminé Nobuo rejoint la Shintoho, compagnie née d'une scission de la Toho, pour laquelle il signera les films qui font l'objet de cet article. Classés dans la catégorie du Kaidan Eiga certaines de ces oeuvres le rendront célèbre et le placeront comme une des références mondiales du fantastique. Aujourd'hui célébré de part le monde, certaines de ces idées visuelles furent reprises par Seijun Suzuki, Kato Tai. Il est également une des principales influences d'Hideo Nakata qui revitalisera lui-même le Kaidan Eiga en réalisant Ring en 1998.

Le Kaidan Eiga est le terme japonais le plus couramment utilisé en occident afin de définir ce qu'on appelle "le film de Fantôme". Si cette formulation n'est évidemment pas fausse, elle ne rend pas compte de la diversité du genre qui compte le Yotsuya kaidan - série de films basés sur un classique du théâtre Kabuki écrit en 1825 qui est bien sur représenté ici par The Ghost of Yotsuya, le Kaidan Kasanegafuchi - inspiré d'un chant du 19e siècle "Histoires de fantômes de l'étang de Kasane" contant la triste histoire de la vengeance d'un masseur accidentellement tué, les principales adaptations sont de Kenji Mizogushi (1926), Kimiyoshi Yosuda (1960 & 1970) et bien Nobuo Nakagawa (1957), le Kaidan est lui basé sur le recueil publié en 1904 de récits folkloriques fantastiques japonais réunis par l'écrivain Lafcadio Hearn et dont est tiré ce qui est sans doute connu comme le film fantastique japonais de plus mondialement célèbre, avec le Jigoku de Nakagawa, le fabuleux Kwaidan de Masaki Kobayashi.

A Wicked Woman (Dokufu Takahash Odeni. 1958).

Oden est une jeune femme partagé entre son métier de voleuse et l'amour qu'elle porte a sa fille, gardé par son ancien mari - un alcoolique qui n'a que faire de la petite - jusqu'au jour ou elle rejoint un macro qui se servira d'elle afin de mettre en confiance et d'attirer des jeunes filles pour son réseau de prostitution. Oden entame sa plongé dans l'obscurité d'un triste destin. A Wicked Woman n'a que de rapport avec le genre qui rendra célèbre Nakagawa. L'intrigue se situe d'avantage entre les domaines du drame ou du film noir bien que le film déploie des ambiances étranges proche du fantastique, surtout dû a certains cadrages et décors qui nimbe le film d'une atmosphère ténébreuse. Nakagawa développe un personnage féminin central complexe aussi émouvant (les scènes avec sa fille) que réellement détestable ( voir l'indifférence avec laquelle elle jette des filles dans les griffes de son amant). C'est cette multiplicité des sentiments qui éloigne Oden de la figure de la renarde ou de la mente religieuse que semblaient définir les premières scènes. Le personnage est très réussi et l'on ne peut hélas pas en dire autant du reste des caractères qui sont soit tous totalement inexistant, soit inexploité (le mac interprété par Tetsuro Tamba) d'autant que le film accumule vers son final tout un paquet de situation invraisemblablement mélodramatique qui finissent par ennuyer. Dommage car A Wicked Woman est souvent magnifique (une constante des films chroniqués dans cet article), d'une maîtrise formelle incontestable. Cadres millimétrés, photo N&B remarquables et mouvements de caméra d'une grande fluidité, A Wicked Woman est parfois traversé d'images ou de courte scènes qui retiennent l'attention et anticipent les futurs penchants de la filmo de Nakagawa: la cave ou sont retenues les victimes d'Oden et qui servent également a l'assouvissement des penchants sadiques de Tamba ( torse poil avec un fouet), les décors constamment embrumés qui entours la maison d'Oden et l'apparition d'un érotisme discret. A Wicked Woman est donc avant tout a voir pour sa forme et pour quelques très belles scènes.

Black Cat Mansion (Borei kaibyo yashiki. 1958).

Un docteur et sa femme emménage dans une vieille maison abandonnée. La femme est aussitôt attaqué par le spectre d'une vieille femme qui tente a plusieurs reprises de la tuer. Un Moine leurs apprendra tout sur la malédiction qui plane sur la demeure. Nakagawa s'attaque donc ici au Kaidan Eiga et plus particulièrement a un sous genre très populaire a l'époque, le Babeneko Mono Eiga: le film de chat non mort. Black Cat Mansion est une variation autour du Chat Noir d'Edgar Allan Poe dont certain éléments ont été conservés (l'omniprésence du chat noir, le cadavre emprisonné dans le mur) pour un résultat très largement supérieur a Wicked Woman. Nakagawa fait évoluer ces personnages dans de superbes décors envahi par une brume photogénique qui suggère la présence du surnaturel. Nakagawa instaure un climat inquiétant, envoûtant dans lequel perce la menace de forces vengeresses. Paré d'un scope N&B sublime, Black Cat Mansion permet a Nakagawa de faire preuve d'une inventivité visuel constante dans ces cadrages ou ces mouvement d'appareils et truffe son film de symboles qui résonnent comme autant de signes du drame a venir. Nakagawa y affirme son goût pour le macabre, l'étrange, le fantastique et pour ce qui passe chez nous comme de la bizarrerie (les apparitions du chat fantôme) dans un récit en flash-back qui se verra lui-même coupé par un autre flash-back sur les origines de la malédiction qui passera du N&B a la couleur et a une réalisation plus statique, peut être afin de rappeler les sources Kabuki du Kaidan Eiga. Mais cela n'entrave en rien l'imagination de Nakagawa qui compose des plans lugubres d'une grande beauté. Plutôt lent mais jamais chiant, Black Cat Mansion est également étonnant dans la mesure ou Nakagawa en s'inspirant des classiques US du genre (les prods Val Lewton entre autres, celles de la Universal pour certaines ambiances) trace dans le sillon de Mario Bava et Terence Fisher et inscrit son film dans la droite lignée de ces grands monsieur du genre qui a la même époque l'ont bouleversé par leurs modernités. Mise a part la seul petite ombre au tableau que représente la dernière scène, sans doute imposé par le studio, Black Cat Mansion est un très bon film qui annonces les grandes réussites a venir que sont Jigoku et Ghost of Yotsuda.

The Ghost of Yotsuya (Tokaido Yotsuga Kaidan. 1959).

Sollicitant la main de Yotsuya et n'acceptant pas le refus de son père, un ronin du nom de Iemon assassine le vieille homme et réussi a se marier avec la jeune fille. Quelques temps plus tard Iemon rencontre une autre fille, Ume, qu'il désire aussitôt. Iemon et Naosuke, son homme de basse besogne, élimine le fiancé de la sœur de Yotsuya afin de profiter a Naosuke qui désire la prendre pour femme. Les deux assassins prépare ensuite l'assassinat d'Iwa de la plus cruel des façons, par un poison qui la défigure puis l'a fait mourir dans d'atroce souffrances. Débarrasser de son encombrante femme Iemon se mari avec Ume mais le spectre vengeur de Yotsuya va bientôt se manifester. Que dire sinon que ce film est un chef d'œuvre. The Ghost of Yotsuya est l'énième adaptation d'un classique qui trouve son origine dans une pièce Kabuki datant de 1825 qui fut illustré par, entre autres, Keisuke Kinoshita, Kenji Misumi ou Shiro Toyoda. Les différentes adaptations jouant soit le registre du parcourt psychologique de Iemon soit l'illustration d'une revanche d'outre tombe, vous imaginez que Nakagawa, pour notre plus grand bonheur, choisit la seconde option. The Ghost of Yotsuya est classiquement divisé en trois partie (de l'assassinat du père au mariage de Yotsuya, le complot de Iemon, la revanche de Yotsuya) mais semble partagé en deux parties distinct. La première heure qui décrit l'enchaînement d'évènements malheureux qui conduiront à la mort de Yotsuya est d'un classicisme remarquable, Nakagawa prend son temps pour nous conter le pathétique destin de ces personnages en toute sobriété, sans effet de style inutile. Les plans sont souvent fixes, les mouvements de caméras très rares ne sont utilisés que pour mettre en évidence des faits importants. Le budget réduit du film n'empêche pas Nakagawa de composer des plans sublimes typiques des tournages en studio de cette époque et malgré des personnages assez distants, sans doute du a une direction d'acteurs insuffisantes, The Ghost of Yotsuya parvient facilement a captiver l'attention. Nakagawa tisse patiemment sa toile en introduisant discrètement le fantastique dans le récit par l'intermédiaire de plans insolites ou inquiétants qui annonce la mort et la revanche de Yotsuya. Puis c'est la déferlante d'image lugubres, de scènes macabres illustrant la cruelle vengeance du spectre.

Plans inclinés, photo spectrale, composition de cadres magnifiques et baroques, décors envahi par un brouillard de mauvaises augures, les quinze dernière minutes sont d'une beauté a couper le souffle par le magnétisme qu'elle dégages, par leurs pouvoirs d'impression rétinienne. L'esthétique radicale lié a d'excellents effets spéciaux rapproche parfois The Ghost of Yotsuya du cinéma sensuel et morbide de Mario Bava a la grande différence que le fantôme de Yotsuya n'exprime que la souffrance et l'accablement, contrairement a la violence sadique des spectres qui peuplent quelques unes des oeuvre du réalisateur d'Opération Peur et du Corps et le Fouet. La plupart des apparitions spectrales sont anthologiques, accroché au plafond ou surgissant de l'eau, et sont toutes a mettre au panthéon des scènes marquantes du genre d'autant qu'elles contiennent certains détails gores plutôt avant-gardiste, ce qui en accentue encore davantage l'aspect effroyable. Le métrage se conclut sur une image qui distille un parfum mélancolique qui fini de faire de The Ghost of Yotsuya un des grands classiques de cette période et un des plus beau films fantastique tout pays et toutes époques confondues. Ben wouai un chef d'œuvre quoi !

The Lady Vampire (Onna kyuketsuki. 1959).

Pendant l'anniversaire de sa fille, un homme voit réapparaître sa femme disparut depuis 20 ans sans que le temps ne l'est vieilli. Pendant ce temps, un tableau l'a représentant est volé dans un musée par un nain, en fait l'assistant d'un mystérieux personnage qui se révèle être un vampire. Pour le coup il serait difficile de soutenir que The Lady Vampire soit une réussite. Cet œuvre, bizarrement placé entre deux sommet de l'œuvre de Nakagawa, est une tentative d'intégrer la figure du vampire dans le bestiaire fantastique nippon (le genre est appelé Kyutetsuki Eiga)et le moins que l'on puisse dire c'est que l'ensemble est globalement raté, la faute a un scénario bordélique au péripéties soporifiques, a une direction d'acteurs inexistante et a une réalisation très sage, voir assez statique.

Le début prometteur sombre dans une bizarrerie grotesque proche d'une certaine imagerie pop typiquement nippone sans que le style du film le justifie - en exagérant un peu imaginez un Mizoguchi parasité par les délires pop de Seijun Suzuki mais sans que cela en transforme fondamentalement la tonalité - on a donc droit a un vampire qui semble sorti tout droit d'une boite de nuit guère aidé par des serviteurs un rien superflus, une sorte de Maciste japonais qui se prend une raclée a chaque apparition (assez peu nombreuses), un spectre dont le rôle consiste a avertir son maître des dangers qu'il coure sans que cela le trouble puisque celui-ci s'en tamponne comme de l'An quarante et pour finir un nain poilu (toujours en avoir un dans le coffre de sa bagnole, ça peut servir). Il n'y a bien que la dernière partie qui puissent vaguement retenir l'attention grâce aux jolis décors du château souterrain du vampire et aux quelques scènes qui s'y déroule. Plus une curiosité qu'autre chose.

Jigoku (1960).

Shiro est un jeune étudiant sous la coupe de l'influence de Tamura, un compagnon de classe cruel et dominateur. Les jeunes hommes tuent accidentellement un yakuza sous les yeux de sa famille qui jure de le venger. La fiancé de Shiro, Yukiko, qui est également la fille de son professeur se tue dans un accident de voiture. Shiro décide de ne plus subir l'influence de Tamura et part dans un petit village ou il rencontre le sosie de Yukiko. Tamura resurgit, ainsi que le professeur, sa femme, la famille du yakuza. Leurs destins vont se fondre pendant une soirée qui va très mal se terminer, tout ce petit monde ira donc griller en Enfer. Les sources d'inspirations de Jigoku sont multiples. Il y a d'abord l'affaire Leopold-Loeb qui inspira Alfred Hitchcock (La Corde.1948) et Richard Fleischer (Compulsion.1959). Les rapports maître/esclave entre Shiro et Tamura sont effectivement abordés, l'homosexualité a peine suggéré mais ce ne sont bien sur pas les thèmes centraux du film de Nakagawa bien que Tamura soit défini comme un être corrupteur qui prend du plaisir dans la peine et le mal qu'il inflige a autrui, il est comme une sorte de personnage catalyseur du destin lugubre qui attend tout les protagonistes. Mais les influences majeurs de Nakagawa restent le Faust de Goethe et surtout l'Ojoyoshu. Achevé en 984 par le moine Genshin, ce traité donne une place importante aux descriptions des différents Enfers et des supplices qui y sont pratiqués. Jigoku est assez remarquable car c'est sans doute celui, des cinq films présentés ici, qui explicite le plus ce que sous tend Nakagawa sur l'inéluctabilité d'un destin voué aux ténèbres. La partie "terrestre" film enchaîne les situations avec un illogisme flagrant sans que cela nuise au propos d'un film, comme a son habitude Nakagawa égraine les signes d'un drame a venir, qui semble vouloir nous dire que l'Enfer n'est qu'une prolongation logique d'une vie terrestre remplie de violence, de lâcheté, de méchanceté ou d'abandon.

L'innocence dans Jigoku n'existe pas, même le vieux professeur a l'aspect respectable cache un secret qui le vouera au gémonies infernales, tout comme la douce Yukiko ou l'enfant mort née issue de son union avec Shiro. Si intéressante que soit cette partie "vivante", ce n'est pas cela qui a rendu célèbre Jigoku mais bien ces hallucinants tableaux dans lesquels évoluent des êtres humains en attentes de châtiments, transformant subitement la forme classique en cauchemar baroque, surréaliste ou hommes et femmes sont découpés en morceaux, décapités, éviscérés, plongés dans un fleuve de pus, ébouillanté, …Le tout sous un déluge de couleurs flamboyantes aux contrastes profonds avec comme témoins les démons et princes de l'Enfer chargés des sinistres travaux. Rien n'est épargné aux hommes, balayés dans le marécage de leurs vices et il faut bien dire que Nakagawa semble jubiler dans la représentation de ces Enfers et du traitement qu'il inflige a ces semblables. Pourtant cette avalanche de morbidité n'exclut pas une certaine forme de poésie que l'on peut trouver a certain endroits - la rencontre de Shiro et de Yukiko dans l'Enfer des enfants non nées ou la vision de leurs enfant en train de flotter sur le fleuve Sazumi qui traverse l'Enfer - lesquelles ajoutent aux images du spectacles dantesques une pointe de mélancolie qui traduit au final un sentiment de désolation. C'est dans ces instants magnifiques que Jigoku diffuse toute sa puissance morbide, son pouvoir de fascination, pouvoir qui ne trouve d'équivalent que dans le dementiel Häxan de Benjamin Christensen. Jigoku est un bijou, une perle noire, un film réellement unique qui, a l'instar de The Ghost of Yotsuya, mérite sa place au panthéon du cinéma fantastique et du cinéma tout court.

Si le cycle sur le cinéma japonais vous intéresse je ne serai trop vous conseillez que de cliquer sur ce lien qui vous mènera sur la page dédié a l'opération chez Wildgrounds qui centralise l'ensemble des adresses des articles des blogs concernant ce cycle.

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Le Masque de Cire  posté le samedi 12 avril 2008 21:49

M.D.C. - Maschera di Cera.

de Sergio Stivaletti. It/1997.

L'occasion faisant le larron la ressortie chez TF1 video du Masque de Cire, dans une édition dvd minimaliste, permettra a toutes celles et ceux qui ne l'auraient pas encore vu de découvrir la très chouette première réalisation de Sergio Stivaletti, daté de 1997. Comme son titre l'indique l'action se situe dans un musée de cire mystérieux ou se déroule d'effroyables évènements. Le thème de la statue de cire n'est pas nouveau et il n'est pas étonnant de voir que cette fascinante figure, projection d'un idéal de perfection figé dans une inquiétante immobilité, soit devenu un des thèmes récurent du cinéma fantastique. Le premier grand film sur le sujet sort en 1924 dans une Allemagne en plein mouvement expressionniste. Le Cabinet des Figures de Cire, réalisé par Paul Leni de nos jours un peu oublié, raconte l'histoire d'un couple d'amoureux pris dans les méandres de récits oniriques inspirés de statues de cire représentant Jack l'Éventreur et Ivan le Terrible. Viendra ensuite en 1933 Mystery of the Wax Museum de Michael Curtiz, premier film parlant sur le sujet Mystery, inspiré d'une nouvelle de Charles Belden, est l'œuvre matrice dans laquelle les films suivants viendront puiser leurs inspirations. Oeuvre formellement magnifique mais ampoulée par les conventions de l'époque, ce film narre le récit vengeur d'un sculpteur défiguré confectionnant des sculptures de cire a partir des corps de ces victimes. Ce beau classique se verra remaké en 1953 par André de Toth dans l'excellent l'Homme au Masque de Cire. Filmé en 3D et reprenant quasiment a l'identique l'intrigue du film de Curtiz, l'Homme au Masque de Cire ne le rivalise pas en style mais le défouraille par son rythme, son efficacité et surtout par la présence de l'irremplaçable Vincent Price. L'Italie engendrera en 1960 d'un autre grand film avec le macabre et visuellement épatant Le Moulin des Supplices de Georgio Ferroni, transposant pour l'occasion l'intrigue en Hollande et faisant de l'artiste torturé un professeur en quête de guérison pour sa fille, guérison qui passe évidement par la mort de jeune premières transformées en statue de cire. Avec le temps le musée va tomber en désuétude jusqu'à ce que, dans la seconde moitié des 80's, soit réalisés les sympathiques Waxwork 1 & 2 de d'Anthony Hickox, séries B dynamiques ultra référentiels ne lésinant jamais sur quelques effets gores de bon aloi et le Darkman de Sam Raimi qui, s'il n'appartient pas a proprement parler a la lignée des films précités, en empreinte nombres de codes visuels et thématiques. Le récent La Maison de cire surfe lui sur la vague récente des Slasher US, sa notoriété lui venant principalement de la présence de la bimbo Paris Hilton se faisant déphaser la tête a coup de barre a mine et d'un design, il faut l'avouer, plutôt intéressant.

Mais je m'aperçois que je n'ai toujours pas parlé du Masque de cire, ce qui est assez ballot s'il ont considère que c'est tout de même le sujet principal de cet article. Nous somme en 1996 et la grande période ou l'Italie enchaînait les grands films est révolue. Bouffé par la télé, le cinéma qu'il soit de genre ou non ne s'est pas relevé de la mort de la plupart de ces grands protagonistes et les survivants ce sont enfoncés dans des prods de plus en plus minables. C'est dans cette ambiance que Dario Argento, qui n'a pas encore fait le grand saut dans l'abîme d'une médiocrité sans retour, produit Le Masque de Cire. A la base écrit pour Lucio Fulci cette rencontre qui promettais beaucoup n'aura jamais lieu, Fulci décède d'un infarctus le 13 Mars 1996. Le projet est bien trop avancé pour l'annuler et Dario promulgue Sergio Stivaletti a la base maquilleur au poste de réalisateur. Stivaletti demande la réécriture du scénario coécrit par Fulci et que le jeune réalisateur trouve trop sombre et trop politisé a son goût. Il verrait bien Robert Englund dans le rôle principal mais les négociations tourne court et c'est a Robert Hossein, sous suggestion des coproducteurs français, qu'échoie le rôle de Boris Volkof. La présence du producteur un rien mégalo de spectacles pétés de tunes dans un Bis italien peut surprendre mais c'est oublier qu'Hossein fit partit du théâtre du Grand Guignol, a joué ou tourné dans pas mal de films de genre (les Marquise des Anges, Une Corde un Colt, Le Vampire de Düsseldorf) et qu'il fréquenta le milieu du ciné populaire italien, Argento et Leone en tête, dés la fin des 60's. Suite a la promotion de Stivaletti, c'est a Benoît Lestang qu'échoie la tâche des maquillages vraiment très gore du film. Sergio Salvati, artisan des grandes heures du cinéma Fulcien, est en charge de la photographie.

Le 31 décembre 1900 a Paris, un couple est massacré par un homme masqué pourvu d'une main mécanique, seul survivra leur fille Sonia. Quelques années plus tard a Rome, Sonia est embauché par Boris Volkof pour travailler dans son musée des horreurs dans lequel sont reconstituées des scènes de meurtres et de sanglants passages mythologiques. Volkof est troublé par Sonia pendant que les meurtres et disparitions s'enchaîne au fur et a mesure que le nombre des morbides attractions du musée augmente. Sans les égaler Le Masque de Cire n'en ai pas moins un bel hommage a ces glorieux aînés. Pas tant aux classiques de Curtiz et De Toth avec lesquels il n'entretient que peut de points communs mais avec les grandes heures du ciné Bis italien. La photo très coloré de Sergio Salvati restitue le baroque des films de Mario Bava et de la grande période d'Argento (on pense notamment a 6 Femmes pour l'Assassin et Inferno). Si l'on peut trouver que cela manque de finesse, l'effet truelle n'est pas loin, et qu'il y a un déséquilibre avec certaines scènes qui semblent tout droit sorties d'un porno estampillé Dorcel, il est indéniable que cette esthétique un brin outrancière participe au charme du film, de même que la réalisation modestement classieuse met a leurs avantages les beaux décors du film. Sans enlever a Stivaletti le crédit de la réussite du film, on sait Argento très présent sur les plateaux de ces productions et il est incontestable que le film porte la marque de son influence, de nombreux angles et de mouvements d'appareils renvoie directement a certaines de ces œuvres et ce n'est sans doute pas un hasard si Volkof n'est plus défini comme un artiste maudit mais comme un alchimiste. On peut avancer que Le Masque de Cire est très largement au dessus des réalisations du "maître" post-Ténèbres et du cinéma fantastique italien des 90's en général, a l'exception tout de même des œuvres de Michele Soavi. Il n'y pas a regretter l'absence de Robert Englund tant Robert Hossein livre une performance sobre qui donne a Volkof l'intensité et la profondeur adéquat a son rôle de monstre romantique, un Hossein qui domine un casting masculin totalement transparent. Le cast féminin lui se porte bien, n'est pas avare de ces charmes et se distingue dans quelques scènes discrètement érotiques... Et ça c'est vachement bien.

Comme toutes prods italienne qui se respecte, Le Masque de Cire est prodigue en scènes gore bien dégueux et en détails morbides que Fulci aurait adoré filmer, Volkof ne prenant pas de gants quand il s'agit de trucider ces semblables. Cœurs et mains arrachés, gorges tranchées et transformation des êtres via un système qui les vides de leur sang pour en faire des figures de cire vivantes sont au programme de ces réjouissances d'une cruauté toute latine, cruelle également est la description des statues de cire vivantes dont la souffrance restera graver a jamais, on notera d'ailleurs l'excellente tenue des maquillages assurés par Lestang. Toujours a la recherche de modèles, Volkof tape dans tout les âges, même les enfants ne sont pas épargnés par le sinistre goût de l'artiste pour la perfection. En fait Le Masque de Cire tout modeste qu'il est se révèle être un savoureux hommage a l'impeccable facture technique malgré tout parasité par le final a l'aspect "Terminatoresque" totalement portnawak assez révélateur de la mainmise d'Argento sur le projet, le cinéaste étant depuis Phenomena peut avare d'idées que je qualifierait poliment "d'autres". Stivaletti n'a tourné qu'un autre film, I tre volti del terror, a la réputation catastrophique et est retourné a ces ateliers de maquillages. Le vieillard agonisant qu'était le cinéma italien est mort et enterré et ce n'est sans doute pas pour aujourd'hui que l'on pourra espérer une miraculeuse résurrection. Le musée est lui toujours inoccupé et attend patiemment qu'un autre propriétaire vienne le peupler de ces sombres projets.

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L'Orphelinat  posté le lundi 10 mars 2008 00:15

El Orfanato.

de Juan Antonio Bayona. Espagne/2007.

Depuis le début des 90's, ce n'est un secret pour personne, l'Espagne est devenu la nouvelle terre promise des fantastiquophiles et autres cinéphages a la recherche de prods sérieuses et marquantes, éloignées de la grande fête de la saucisse qu'est devenu l'industrie US dans laquelle les majors semblent avant tout préoccupées par la capitalisation de tout un pan de la culture populaire a travers une série de remakes de qualités très divers. Bref après Alex de la Iglesia (qui ouvrit le bal en 93 avec ce gros trip destroy et subversif qu'est Action Mutante) et toute une série de réalisateurs dont les œuvres ont fait le bonheur des amateurs de péloche fantastique*, et avant que le monstrueusement flippant [REC] du duo Balaguero/plaza nous arrive sur le coin de la gueule, débarque L'Orphelinat premier film d'un jeune clippeur surdoué, et Grand Prix a Geradmer, qui a rongé son frein pendant quelques années avant de trouver en Guillermo Del Toro un mécène bienveillant.

A première vu ce qui surprend c'est la qualité esthétique de l'ensemble. Rarement premier long métrage aura été maîtrisé avec une telle évidence, même s'il n'atteint pas les sommets d'Abandonnée auquel il empreinte d'ailleurs Oscar Faura, génial chef op également présent sur les trois premiers films de Jaume Balaguero, sur The Machinist et Intacto. Cadre et photo donne une belle patine classique sans pour autant versé dans le poussiéreux, en accord avec la narration et le propos d'un film qui est avant tout un drame intimiste traversé de moments de terreurs la plupart du temps très efficaces.

Pour le reste, j'avoue avoir été moyennement transporté. Comme tout premier film L'Orphelinat est l'occasion pour Bayona de se confronter a ces influences et on ne peut pas dire que le constat soit aussi heureux que le bilan purement technique. Clairement ces influences ont été mal digérées, la plupart des scènes du film renvoie au grandes références du genre sans jamais vraiment réussir, sinon a les égaler, du moins a s'en démarquer. Ainsi sont invoqués les fantômes de La Maison du Diable (très lourdement d'ailleurs), Poltergeist et L'Enfant du Diable dans une scène de spiritisme elle très réussi et vraiment flippante, on sent également l'influence de Les Innocents (Laura semble être un écho du personnage joué par Deborah Kerr dans le film de Clayton) et au chef d'œuvre de Narciso Ibanez Serrador, La Résidence. Malgré ces défauts, le scénario réussi a jouer avec les attentes du publique et les codes du genre pour amener doucement le spectateur vers un final intimiste qui semble lui-même être une tentative de retrouver la triste beauté du magnifique Fragile mais sans réussir a y insuffler le même souffle tragique, car malgré l'évidente sincérité du film, il n'est pas sûr que Bayona posséde la vision artistique qui faisait toute la différences chez ses compatriotes réalisateurs Jaume Balaguero, Nacho Cerda ou Alejandro Amenabar. La suite décidera mais pour l'instant, et malgré ces défauts, L'Orphelinat est un très bon film fantastique qu'il est bien et qu'il serait dommage de rater.

 

*si ce n'est déjà fait jeter un œil ici pour de plus amples informations: http://www.cinema.lycos.fr/dossier/pourquoi-lespagne-593?a_page=0

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