Action

The Dark Knight  (Action) posté le jeudi 21 août 2008 15:18

De Christopher Nolan. USA/2008.

                    

Ok je vais la faire court, je n'attendais rien de spécial du nouveau Batman. Le reload de la franchise m'ayant assez motivé a l'époque avant qu'un re-visionnage tardif ne vienne modifier mon opinion et revoir l'opus de Nolan fortement a la baisse, j'était donc plus que patient devant la perspective d'une suite faite par les mêmes auteurs d'autant que le monstrueux succès de The Dark Night me rappelait celui du premier Batman de Burton et de l'amère déception qui avait suivit. J'y suis donc allé en traînant des pieds et j'ai halluciné. J'attendais un peu tout de même un minimum d'un film de 2h20 affichants de tels ambitions, un nombre conséquent de personnages, d'enjeux dramatiques donc de quelques chose de vraiment dense et j'ai halluciné (oui je sais je me répète). C'est assez incroyable de constater que Nolan, au lieu de corriger les erreurs du premier opus les a reproduites voir amplifiés. En s'imaginant sans doute que la construction d'un personnage et l'identification du spectateur a celui-ci ne peut se passer de conversations, Nolan nous gratifie d'un nombre incalculable de tunnels de dialogues tous plus lourdingues les uns que les autres, essentiellement composés de discours pompeux parfois assez déments autant dans les prétentions qu'ils affichent que dans leurs total inutilité, le tout embelli d'une philosophie de comptoir désarmante de naïveté dans le ridicule qu'elle affiche ("après les ténèbres de la nuit vient la lumière du jour" nan mais pitié quoi !) et de sous intrigues dont on se fout totalement.

Le tout passerais sans doute si Nolan n'était pas un réals aussi surestimé. Que les dialogue soit pour la plupart totalement golmons ne poseraient pas de problèmes en soit s'il étaient relevés d'une réal a la hauteur du truc, d'un gars qui sache poser des enjeux dramatiques en trois plans et un montage idoine, le problèmes c'est que non. Tout y est désespérément inutile. La direction d'acteur est a l'aune de cette partie verbeuse (qui dure près d'une heure quarante ) puisque tous y sont plats, inexistants. Et là je vais me faire pleins de copains puisque cela engage également Heath Ledger qui livre, dans cette partie, ce qui est certainement la pire interprétation de sa carrière. Tout aussi grave Bale semble inexistant Caine, Oldman et Freeman sont enfermés dans des rôles de troisièmes couteaux (ou comment j'suis une grosse loose de scénariste qui n'arrive pas a donner un rôle potable ayant un semblant de consistance a des acteurs au talents hors norme) et on se fout complètement de Maggie Gyllenhaal et d'Aaron Eckhart. L'aspect réaliste, voir naturaliste entamé sur Batman Begins et développé sur The Dark Knight a une sale tendance a révéler ce que les personnages sont en réalité, des bonhommes en costumes (le Joker est une sorte de mélange entre un travelo en fin de partie et un toxico). Nolan, sans doute très intelligent et cultivé et tout ça, se croit obliger d'éloigner Batman de ces éléments principaux: l'obscurité, les ténèbres. Ces éléments qui font intégralement partie du perso, le définisse et font du justicier de Gotham un être quasi mythologiques, un sombre demi dieux vengeur se nourrissant de la peur qu'il inspire (Batman de jour, Batman diurne, Batman en boite de nuit, ouais génial !). Dans le même style un sort identique est reservé a la ville de Gotham qui est elle superbement ignorée, on a superposé au design foutraque du premier une ville ressemblant trait pour trait a New York. Bravo ! Nolan se croit également obligé de répéter ad nauseam les mêmes motifs visuels. En gros on a droit une dizaines de fois a des plans aériens de la silhouette de Batounet trônant au dessus des grattes ciels ou au Joker qui joue au gros méchants sur des mouvements de caméra centrifuge que n'aurait pas renier Lelouch (mais ou est Nicolle Croizille bon sang !). Et sans parler du coté "puissamment" réflexif sur l'Amérique post 11 Septembre qui ne semble être là que pour donner un fond a un vide qui n'en a pas et du statut de super héros qui n'est qu'a peine ébauché. Bref c'est une vrai cata, une incroyable déroute a laquelle j'ai assisté.

Maintenant ceci posé, The Dark Knight a évidemment des qualités. Au bout d'1h40 il se passe quelque chose, ENFIN le film de Nolan prend un peu d'ampleur. Le Joker devient enfin ce monstre psychotique, imprévisible et malsain promit (Ledger est juste monstrueux), un parasite, un virus dont le seul but semble être le plaisir de la destruction et de savourer la peur qu'elle engendre. Heckhart, d'habitude si fade, serait presque aussi effrayant que le Joker si une dimension pathétique ne venait pas se superposer au statut de super vilain de Double Face. Batman révèle sa vrai part d'ombre en torturant (mais pas trop quand même) un Joker sans défense et les multiples épreuves préparé par le cinglé au sourire si caractéristique réserve quelques sueurs froides qui m'ont quelques peu venger du lamentable spectacle décrit ci-dessus, pour faire court les personnages se définissent dans et par l'action et pas dans une ignoble
Logorrhée. Le montage se resserre et coté Mannien revendiqué par Nolan ressort enfin positivement mais sans plus, disons que ça donne un petit plus qui ne fait cheveux dans la soupe. Mais c'est trop tard, le mal est fait. Même si ces dernières quarante dernières minutes valent effectivement le coup, elles laissent également un gout amère, celui du putain de film que The Dark Knight aurait du être si Nolan avait était moins prétencieux. Bref la prochaine fois si on pouvait remplacer Nolan par quelqu'un d'autre (David Twohy par exemple mais là faut pas rêver non plus) ou si Nolan pouvait juste arrêter de pêter plus haut que son cul, faire preuve d'humilité et se mettre a son niveau. Celui d'un honnête réalisateur quand même capable de faire des bons films, tout simplement.

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John Rambo  (Action) posté le lundi 03 mars 2008 00:08

de Sylvester Stallone. USA/2008.

Pas évident de ressusciter une franchise phare du ciné d'action des 80's, dont le héros est toujours perçu comme l'icône d'une Amérique réactionnaire, dans un début de 21e siècle qui n'a que faire des exploits solitaires du héros oublié d'une guerre dont plus personne n'a envie de parler et dont l'interprète a été ringardisé a outrance par les médias. L'image véhiculé par Rambo via ces deux dernières aventures associé au parcourt chaotique de Stallone, dont les choix de carrière ce sont souvent révélés catastrophiques, et de son image de gros débile mentales posait vraiment la question de la pertinence d'un tel retour. Mais depuis le come back de Sly avec l'émouvant (autant qu'excellent) Rocky Balboa, la dubitation faisant place a la curiosité, surtout depuis la diffusion sur la toile d'un trailer vraiment hardcore qui sonnait comme une lettre d'intention.

Non seulement celle d'un film ultra violent mais également d'un retour a un cinéma old school, dénué de cynisme mais ne cédant pas aux sirènes d'un passéisme qui n'aurais de toute façon pas tenus le choc d'une confrontation avec un genre qui a évolué au gré des Die Hard de McTiernan, des cataclysmiques scènes d'actions du Saving Private Ryan de Spielberg ou du post-modernisme de Matrix et autres Kill Bill. On pouvait également s'interroger sur la manière dont Stallone allait positionner un personnage aussi daté et rugueux qu'un surhomme comme John Rambo par rapport au standard actuel du film d'action (Jason Bourne par exemple) et a l'avènement cinématographique d'autres surhommes très différents, les super héros. La réponse est simple, Sly envoie la purée de la manière la plus sévère qui soit. Se foutant totalement des modes, des biens pensants et du quand dira t'on, Stallone redéfini l'ancien béret vert comme un homme vivant par et pour la guerre, au delà de tout idéologie, rongé par son passé et le fatalisme.

Le film ne déroge pas aux schémas qui ont fais le succès de la franchise en construisant toute son intrigue autour d'une mission a accomplir, ce n'est d'ailleurs pas le récit qui importe mais le regard que porte Stallone sur son personnage. Mutique, solitaire et cynique, Rambo se tape totalement du monde et ne pense qu'a une chose, qu'on lui fout la paix. Sa quiétude sera dérangé par l'intrusion d'une jeune femme idéaliste qui tentera de lui rappeler certaines valeurs oubliés qui ne demandent pourtant qu'a resurgir d'autant que Rambo ne semble pas insensible au charmes et a la féminité de celle-ci, parce qu'il faut bien l'avouer, coté cul c'est un peu la zérmi pour John. C'est donc pour elle que Rambo ira s'enfoncer dans l'Enfer vert pour une dernière mission, pour elle et pour faire hurler une dernière fois la Bête tapi au fond de ces entrailles dans un ultime baroud d'honneur.

De prime abord c'est sans doute sur ce point que le film étonne le plus. Le trailer mentionné un peu plus haut donnait bien une idée du contenu du métrage mais pas de son hallucinante violence qui envoie toutes les pseudos prods horrifiques récentes a la cave. Plus que l'ultime et supra-goreux déchaînement final, c'est dans la représentation du Génocide des Karens que John Rambo se transforme. De l'actionner attendu par tous le métrage devient un film de guerre vraiment dégueulasse, foutant la tronche du spectateur directement dans les tripes fumantes d'une extermination, dans l'horreur la plus total dont aucun détails ne nous est épargné (bras et jambes coupés, femmes violés, enfants massacrés, hommes décapités ou pendu).

Cette approche frontal et réaliste a, en plus de pointer les exactions d'une des pires dictatures au monde, l'avantage de poser rapidement le profile des bad guys, d'ignobles pourritures profitant de leur position pour assouvir leurs plus bas instincts. Des méchants idéals pour un anti-héros en quête de massacre. Le seul face a face qui les opposera se fera lors d'un final absolument ahurissant de barbarie régressive, une catharsis total où, du haut d'une colline et armé d'une mitrailleuse lourde, Rambo se transforme en Ange exterminateur, en un pourvoyeur de Mort dont le moindre pruneau déchire, éventre, mutile, décapite, explose les chairs et offre au spectateur ce qu'il attend depuis 1h20, voir les militaires Birmans crever la gueule ouverte, exterminé par un homme transformé en abattoir ambulant.

Stallone peut se féliciter de ne pas avoir céder aux travers des films d'actions actuels, de ne pas employer de shaky cam, dont le résultat en général se résume a une bouillie filmique incompréhensible quand elle n'est pas utilisé par un McTiernan ou un Spielberg. John Rambo se voit armé d'un style direct, viscéral, primitif mais néanmoins réfléchi (dans le genre la scène d'infiltration est exemplaire) qui illustre parfaitement le propos de l'histoire et favorise une immersion total. Style qui ne trouve d'équivalent dans le cinéma US actuel que dans la filmo d'un autre acteur/réalisateur décrié: Mel Gibson. On peut sans doute regretter que le film soit bien trop court, que les enjeux géopolitiques ne soit pas davantage développés, que la plupart des personnages soit sacrifiés sur l'autel d'un schématisme ultra prévisible mais Stallone n'a jamais eu la prétention, ou l'ambition, de délivrer un brûlot mais plutôt de conter en toute sincérité l'histoire d'un homme qui, après avoir traversé l'Enfer et y avoir survécu, va enfin faire la paix avec lui-même dans une émouvante conclusion rappelant les premières images du film originel, bouclant la boucle. Stallone, de plus en plus massif et menaçant, signe une interprétation toute en retenue, quasi minéral, intense. Probablement une des meilleurs de sa carrière.

 

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Death Sentence  (Action) posté le lundi 03 mars 2008 00:07

de James Wan. USA/2007.

 Au lieu de l'hommage annoncé au glorieuse 70's, tant cité en référence par la grande majorité des jeunes réalisateurs et pourtant tellement outragées, Death Sentence se pose plutôt comme un retour aux bonnes vieilles recettes du ciné US des années 50. Les premières scènes du film nous montre une gentille famille américaine bien comme il faut, avec le gentil papa, la gentille maman et les deux fistons, eux aussi très gentils, avec comme seul ombre a ce tableau idyllique une innocente petite compétition sur les possibilités sportives du cadet. Cette description sera accompagné d'un score qui, a divers moments du métrage, soulignera tout le pathos dégoulinant de mièvrerie qui traverse de part en part cette "œuvre", avec comme point d'orgue la scènes des stats appuyant bien le fait que "putain c'est chouette la vie de famille, ça c'est des vrai bonnes vieilles valeurs snif". Puis vient l'entrée en scène des bad guys, scène classique de la tragique rencontre entre un gang de cagoulés et le père, Bacon comme d'hab impeccable, accompagné de son fils aîné. Deuil et Enterrement n'intéresse pas vraiment Wan puisque celui-ci évacue vite ces "détails" pour embrayer directement, via un petit passage au tribunal, a la première scène de vengeance.

On est en droit, a ce moment, de se dire qu'enfin cette laborieuse présentation est fini pour passer au choses sérieuses. Et là on assiste a une baston minable dans un local a poubelle outrageusement éclairé en rouge, première brique sur le mur d'un symbolisme de fête foraine matérialisé par une photo aussi digeste qu'une tartiflette, a la différence qu'une tartiflette aussi grasse soit elle, c'est bon. Ainsi Wan et son chef op se sentent obligés de nous assener des scènes a forte dominante rouge (entre autre), sans doute pour bien souligner le début de la descente en Enfer du personnage joué par Bacon, la baston cité ci-dessus, mais également pour rappeler au 3 mongols du fond qui n'aurais pas encore compris, que les voyous sont des méchants vraiment pas gentils qui semblent affectionner les endroits noyés dans un spectre chromatique écarlate (rouge=enfer) mais également bleuté (froid=la mort). Puis on s'enfonce encore le nawak bien pourrave avec la description des dits voyous. En fait une bande de gonzesses larmoyantes qui passe leurs chagrin a citer des dialogues ineptes et a siffler des bières dans un bar, vous l'aurais déjà devinés, rouge.

Mais avant, et là ça fait vraiment mal, au travers d'une scène aussi mal branlé que le reste, on nous présente le perso incarné par le génial Goodman. Ce qui fait si mal aux burnes c'est de voir cet immense acteur cautionner une merde pareil (saloperie d'impôts) et surtout de voir l'utilisation que Wan fait de cette grosse masse de talent. Toujours dans l'optique de la fine caractérisation qui imprègne tout le métrage, Goodman en est réduis a jouer le gros porc qui suinte et qui beugle dans son antre, signe évident d'une absolu méchanceté, et jamais le court rôle qui lui est attribuer dans ce récit ne lui donnera l'occasion de creuser un personnage qui de toute façon crève comme une grosse merde.

Je vais m'arrêter là pour la description pour en venir au fait car au delà de sa réalisation minable, de ces choix scénaristiques grotesques (c'était mon frère! accompagné de c'est mon fils!) Death Sentence est symptomatique de l'énorme manque de couilles de son scénario et du manque de talent évident de son réalisateur. Ce n'est pas tant le fait que Death Sentence applique un schéma déjà utilisé maintes fois qui pose problème, après tout Lang a bien du faire avec les même stéréotypes dans son génial The Big Heat et je ne demande pas a Wan d'être Lang, mais bien l'idée même du film qui est de proposer un vigilante light, totalement débarrassé des éléments les plus perturbants qui sont pourtant induit, a mon sens, par le scénario. Étrangement Bacon, passé son premiers meurtres, ne semble jamais savourer sa vengeance. Il n'est jamais dans la jouissance de ces actes, cela sans doute pour garder le personnage "sympathique" au yeux du publique. Les lascars ne violent pas la femme avant de la tuer et le petit nenfant survivra au final, et ce dans une pure mécanique consolatrice destiné a rassurer le publique choqué par un tel déferlement de violence barbare (uhuhuhuhu).

Si on veut bien regarder de près, Death Sentence est l'exacte opposé des films dont il est censé s'inspirer. Death Wish ou The Big Racket sont des polars hardcore typiques des années 70 en cela qu'ils entretiennent l'ambigüité du discours et surtout laisse une grande interrogation final, un flou. L'idée du récit est d'insuffler une incertitude qui ne sera pas mis en cause par un final tout aussi ambigu que le reste. Ce que bien évidemment Death Sentence ne fait jamais, le film reste dans une pure logique de schématisation, de stéréotypes rassurant et finalement bourgeois. Le recourt a des choix visuels qui situe Death Sentence entre Seven et un comics évite finalement de construire un environnement glauque "réaliste" et vraiment inquiétant. Le refus de "racialiser" le gang sans doute par souci de ne pas être taxé de quoi que ce soit et d'éviter les polémiques qui pourraient nuire au chiffres de fréquentation. Nick Hume est seul responsable de la mort de sa famille, on nous le rabâche plusieurs fois. Afin d'expier sa faute (et faire repentance) Nick se rase les cheveux et devient, en apparence "l'un d'entre eux", ce qui est également précisé par le chef des lascars. Nick ne peut plus vivre, non pas parce qu'il est blessé mais bien parce qu'il est devenu un vigilante et qu'il n'appartient plus a la société bourgeoise qui l'a vu naître. Hume doit mourir pour que les choses rentre dans l'ordre. Amen.

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